Ce contenu contient des scènes pouvant choquer un public non averti.
Souhaitez-vous tout de même le visionner ?
Psaumes #02 : Happi, la tristesse du Roi
Teaser
À PROPOS DU PROJET PSAUMES
Avec « Psaumes », j’aimerais parcourir et « saisir » les multiples sens de la relation tels qu’ils se jouent aujourd’hui dans la société.
Qu’est-ce que le sacré ?
Qu’est ce qui est sacré aujourd’hui ?
Pourquoi c’est sacré ?
Comment le sens du sacré se métamorphose-t-il à partir des trajectoires personnelles ou collectives ?
Quelle est mon approche du sacré ? Qu’est ce qui est sacré pour moi ? Qu’est ce je désacralise ?
Quels sont mes sacrilèges ?
Autant de questions qui m’animent.
J’éprouve à cette étape de mon parcours personnel et professionnel le désir d’écrire des psaumes contemporains. Ce ne sera pas un verbe poétique chanté, mais un flux poétique dansé, sur la relation (ce qui nous « re »lie).
James Carlès – Directeur artistique
À PROPOS DE LA PIÈCE
« Quand James m’a fait la demande d’un solo, il y a peu, nous nous connaissions depuis de nombreuses années. Je gardais le souvenir d’un jeune homme à la danse précise, hésitant à se lancer dans la grande empoignade de l’art. De loin en loin nous nous croisions, conscients de partager ce que j’ai su nommer ce jour là dans le brouhaha d’un café tandis que nous échangions : une certaine tristesse qui maintenait tendu le l de notre relation.
Je sais où ma tristesse plonge ses racines. Je sais aussi reconnaître quand je les croise, mes frères d’infortune. Je proposais à James que le solo s’intitule « La Tristesse du Roi ». Le célèbre et dernier tableau de Henri Matisse avec ce qu’il témoigne de force vitale, de maitrise et d’affirmation de la couleur contre l’obscurité à venir me paraissait un bon présage, opposant comme un démenti à la connotation un peu dépressive du titre.
Nous parlions.
Cette tristesse, James disait l’éprouver comme toute sa famille, son père surtout. Il me conta un peu de son histoire. Le Cameroun, les Bamiléké, Bana, la ville de sa naissance et le roi Happi, attristé lui aussi par la perte de son monde dans la marche fracassante de la modernité africaine. Je saisissais mieux l’enjeu. Je voyais James, son ambition et sa détermination d’homme à dire sa propre parole. Je souhaitais l’aider à l’exprimer dans toute sa complexe vérité. Créer pour lui une danse qui l’aider à réaliser le vœu et tenir cette parole donnée un jour alors qu’à peine un homme, il promettait de revenir vers la terre de ses ancêtres chargé de savoir et riche de voyages. Ce pouvait être en effet cela, son retour au pays natal.
Danser vraiment. Être un homme debout, une force qui va. Faire un pas, le suivant et tracer sa propre route comme on se construit un destin. Qu’importe la terre quand c’est nous qui faisons le chemin. Nous allons entreprendre ce travail, main dans la main. Main noire dans main blanche, survivants de nos blessures, esclaves du temps mais seigneurs de nous mêmes. » – Heddy Maalem