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Martyre
Comme un écho à Sa prière, créé il y a dix ans, Malika Djardi aborde à nouveau la forme du solo-documentaire autour de la figure de sa mère, Marie-Bernadette Philippon, atteinte aujourd’hui d’Alzheimer.
Elle s’est mise à danser alors qu’elle n’avait jamais pratiqué la danse auparavant et sa danse apparaît comme un nouveau langage : elle nous fait voyager à travers les espaces, le privé et le public, le contraint et l’infiniment grand, l’intime et le monde. Que reste-t-il de nos mémoires communes ou singulières ? La chorégraphe tisse un dialogue délicat et bienveillant avec les danses de sa mère, comme moyen d’expression de ce corps contraint, face à sa propre trajectoire chorégraphique. En parallèle d’un questionnement sur l’apprentissage, la mémoire de certains rythmes ou de certaines danses, il trace le chemin d’une réflexion sur le parcours commun d’une écriture chorégraphique : l’une naît de façon spontanée et l’autre s’écrit au plateau. Quels gestes transmet-on ? D’où proviennent-ils ? Dialoguant avec des ritournelles et la pratique détournée des danses sociales, un questionnement se dégage sur nos engagements, nos luttes vitales, nos illusions, nos fragilités et les souffrances que l’on traverse au court d’une vie à la fois destructrices et porteuses.
Photographie : Pierre Gondard
Remerciements : Aude Arago, Aurore Leduc, Laurent Basso, Suzanna Bauer, Céline Peychet
Dans Martyre mon intérêt se porte sur la création de portraits, celui de ma mère Marie-Bernadette Philippon mais aussi de ces établissements pour personnes âgées à l’endroit d’un corps contraint, empêché et réceptacles d’histoires portées durant une vie toute entière. Ces corps vieillissants et fragiles sont coupés du monde social, avec ses exigences de rapidité, d’efficacité, d’utilité. Chaque lieu public défend son usage, là où la danse de Marie-Bernadette ouvre à quelque chose de plus universel. Elle danse bien plus qu’elle ne le faisait auparavant. »
– Malika Djardi